Test Rapide Antigénique

La place des tests rapides antigéniques (TRA) en santé au travail 

Avant de mener une campagne de dépistage contre le Covid-19 dans votre entreprise, il nous paraissait nécessaire de vous interroger sur différents points pour vous aider dans votre décision.
 
S’interroger sur l’intérêt d’une telle campagne
 
1. Quel est votre secteur d’activité ?
 
Votre entreprise est-elle :
  • du secteur médico-social avec hébergement : établissement de soins, EHPAD, foyer d’accueil… ?
  • confrontée à un accueil de public massif ou rapproché, avec difficulté de respect des gestes barrières : établissement de formation, accueil petite enfance, grande distribution… ?
  • d’un secteur qui a présenté de nombreux clusters : abattoirs… ?
 
2. Avez-vous mis en place toutes les précautions nécessaires en termes de prévention du risque de contamination ?
 
3. Votre entreprise : 
  • est-elle dans une région géographique particulièrement impactée par le Covid-19 ?
  • a-t-elle déjà référencé un ou plusieurs clusters ?
  • est-ce que certains de vos salariés ont séjourné à l’étranger dans les 14 jours précédant ou ont eu un contact à risque avec une personne ayant séjourné à l’étranger dans les 14 jours suivant son retour ? (personnes à orienter plutôt vers un test RT-PCR)
N’hésitez pas à interroger votre SPST. 
Attention aux campagnes absurdes : organiser des dépistages sur site pour des salariés placés en télétravail exclusif ou en chômage partiel...
Ne pas faire venir un salarié symptomatique pour faire le test en entreprise.
La réalisation d’une campagne ne doit pas être proposée comme stratégie d’apaisement d’un climat social tendu en lien avec la situation sanitaire et économique. 
 
S’interroger sur la méthode
 
4. Encourager le débat social en convoquant le CSE ou les représentants du personnel.
 
5. Etudier les propositions de laboratoires ou organismes :
  • Type d’intervenant pour faire le test 
  • Test antigénique utilisé (qui le fournit, quel est son coût, conforme à la liste publiée sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé https://covid-19.sante.gouv.fr/tests) ;  grande variation de la sensibilité du test en fonction des fabricants
  • Equipements de protections à mettre en place par l’entreprise, ceux fournis par l’organisme
  • Gestion des déchets
  • Matériel informatique / connexion pour la traçabilité des résultats dans les logiciels nationaux dédiés
 
6. Trouver un espace adapté pour les prélèvements
  • Espace de confidentialité pour l’entretien préalable 
  • Assise adaptée pour la réalisation du test 
  • Point d’eau pour lavage des mains et/ou point de distribution de gel hydroalcoolique
  • Aération obligatoire (attention cependant aux conditions de température en cas d’utilisation hors des murs (sous tente, barnum ou local aéré) : risque de faux positifs en cas de température trop basse).
 
7. Organiser la gestion administrative et le flux des salariés 
 
8. S’interroger sur la fréquence de réalisation des tests et/ou quand réaliser les tests en particulier (retour de congés, déplacements, évènements en entreprise…)
Volontariat et confidentialité :
Les salariés testés doivent être volontaires, aucun test ne pouvant leur être imposé. 
Afin d’organiser au mieux le flux de salariés et d’ajuster le temps de présence du professionnel préleveur, il est nécessaire d’estimer le nombre de salariés volontaires pour se faire tester. 
Si une liste nominative est établie pour proposer des créneaux horaires, elle devra être immédiatement détruite à l’issue de la campagne. 
L’employeur ne peut pas exiger de l’organisme d’avoir les résultats des salariés. 
L’organisme suit néanmoins les consignes de déclenchement d’un contact tracing et invite le salarié à se rapprocher de son médecin traitant pour isolement et soins.  
Les enquêtes doivent se réaliser avec autant de discrétion que possible.
 
S’interroger sur le message délivré aux salariés 
 
9. Un test rapide antigénique n’a de véritable utilité que lorsqu’il est positif ! 
Il informe alors un porteur qui s’ignore de son statut et le pousse à s’isoler, à contacter son médecin traitant et surtout à informer son employeur. On casse ainsi les chaînes de transmission. 
 
10. Un test TRA négatif ne doit nullement pousser à un excès de sérénité !
D’une part, le test n’est pas sensible à 100%, ce qui signifie qu’il peut être faussement négatif. 
D’autre part, le salarié peut être en période d’incubation du virus et un test négatif ne donne aucune garantie sur les jours à venir. 
Un salarié négatif doit être conforté dans le fait que ses efforts de respect des gestes barrière paient et qu’il ne faut pas baisser la garde ! 

Où se faire tester ?